Analyse

Mon Bilan Prévention : élargir les effecteurs ne fera pas venir les publics

Au 30 juin 2026, 612 000 bilans de prévention avaient été réalisés pour 21 millions de personnes éligibles. L'arrivée des masseurs-kinésithérapeutes en octobre élargit encore l'offre. Le point de blocage se situe en amont du rendez-vous.

France Care · · 3 min de lecture

612 000 bilans pour 21 millions d'éligibles

Le dispositif a été généralisé en 2024 sur quatre tranches d'âge : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Un bilan par tranche, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Le tarif de l'entretien est fixé à 30 € en métropole et 31,50 € dans les départements et régions d'outre-mer.

Au 30 juin 2026, plus de 612 000 bilans avaient été réalisés auprès d'un médecin, d'un infirmier, d'un pharmacien ou d'une sage-femme. Les premiers travaux fondés sur le Système national des données de santé en recensaient 168 000 sur les dix-huit premiers mois. La montée en charge est réelle.

3 %

Taux de recours cumulé au dispositif Mon Bilan Prévention depuis sa généralisation, deux ans après son ouverture à l'ensemble du territoire.

Calcul France Care d'après ministère de la Santé (612 000 bilans au 30 juin 2026) et dossier de presse gouvernemental (21 millions de personnes éligibles)

L'élargissement des effecteurs traite une question d'offre

L'arrêté du 28 juillet 2026 ouvre le dispositif aux masseurs-kinésithérapeutes à compter d'octobre. Ils rejoignent les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les sages-femmes. L'argument du ministère porte sur le maillage territorial et sur l'expertise de la profession en activité physique, en prévention de la perte d'autonomie et en santé musculo-squelettique.

Le mouvement a déjà produit ses effets une première fois. Depuis l'automne 2025, les pharmaciens sont devenus les principaux effecteurs du dispositif. Chaque élargissement ajoute des points d'entrée. Aucun ne modifie la raison pour laquelle une personne éligible ne prend pas rendez-vous.

Le non-recours se joue avant la consultation

Les analyses issues du SNDS documentent des disparités territoriales et sociales, avec une participation plus marquée des femmes. C'est le profil de tous les dispositifs de prévention ouverts : ils sont saisis en priorité par les publics déjà suivis.

Ce qui manque relève de la coordination

Un rendez-vous unique par tranche d'âge produit des recommandations. Il produit un changement de trajectoire à la condition que quelqu'un assure la continuité entre l'invitation, la préparation, la consultation et les actes qui doivent suivre.

France Care a digitalisé les quatre auto-questionnaires officiels et les intègre à un parcours accompagné : repérage des personnes éligibles au sein d'une population couverte, préparation du bilan, prise de rendez-vous auprès d'un effecteur disponible, reprise du plan personnalisé dans la durée. Le bilan s'inscrit alors dans un parcours suivi.

Ce qu'il faudra regarder

Trois indicateurs diront si l'élargissement d'octobre produit autre chose qu'un déplacement d'activité entre professions : le taux de recours par tranche d'âge, l'écart de recours entre déciles de niveau de vie et la part des plans personnalisés suivis d'un acte de dépistage ou de vaccination. Les deux premiers sont accessibles dans le SNDS. Le troisième ne l'est pas encore.

Les quatre auto-questionnaires officiels, digitalisés et intégrés à un parcours accompagné.

Découvrir le Passeport Prévention

Questions fréquentes

Qui a droit à Mon Bilan Prévention ?
Toute personne dont l'âge est compris entre 18 et 25 ans, 45 et 50 ans, 60 et 65 ans ou 70 et 75 ans. Un seul bilan est possible par tranche d'âge.
Mon Bilan Prévention est-il gratuit ?
Oui. Le bilan est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais, sur présentation de la carte Vitale ou de l'AME.
Qui peut réaliser un bilan de prévention ?
Les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les sages-femmes. Les masseurs-kinésithérapeutes rejoignent le dispositif à compter d'octobre 2026, en application de l'arrêté du 28 juillet 2026.
Faut-il avoir reçu une invitation de l'Assurance Maladie ?
Non. L'invitation par courriel de l'Assurance Maladie ou de la MSA n'est pas nécessaire pour prendre rendez-vous. Il suffit de préciser au professionnel de santé qu'il s'agit d'un bilan de prévention, car sa durée dépasse celle d'une consultation classique.
Comment préparer son bilan de prévention ?
Un auto-questionnaire est disponible sur Mon Espace Santé et sur monbilanprevention.sante.gouv.fr. Il porte sur les habitudes de vie et permet d'arriver au rendez-vous avec des points déjà identifiés.

Sources

  1. Bilans prévention : les kinés intègrent le dispositif, Egora (2026)
  2. Les kinésithérapeutes désormais acteurs de premier plan dans la réalisation des bilans de prévention (arrêté du 28 juillet 2026), Ordre des masseurs-kinésithérapeutes (2026)
  3. Mon Bilan Prévention : premiers enseignements et perspectives de recherche, UFR Simone Veil - Santé, Université Paris-Saclay (2025)
  4. Les bilans de prévention aux âges clés de la vie, Santé publique France (2024)
  5. Mon Bilan Prévention : faites le point sur votre santé avec un professionnel, Ministère du Travail et des Solidarités (2026)
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